Qui suis je ?

Catégories

Dimanche 29 juin 2008

C’est dans un amphithéâtre de la Sorbonne plein à craqué, qu’Henri Emmanuelli et Benoît Hamon ont présenté ce samedi le contenu de la contribution qu’ils déposeront dans le cadre du congrès du Parti Socialiste de novembre prochain à Reims. 

 Plus de 1000 socialistes à la Sorbonne pour préparer les Reconquêtes

PARIS, 28 juin 2008 (AFP) - Benoit Hamon et Henri Emmanuelli ont appelé, samedi à la Sorbonne, au “rassemblement” de la gauche pour mener d’ici à 2012 “le combat” contre “tout le travail de casse du modèle social et des libertés mis en œuvre par la droite” et pour “la reconquête du pouvoir”.

Dans un amphithéâtre comble, les deux chefs de file du Nouveau parti socialiste (NPS) ont présenté leur contribution au prochain Congrès du PS pour “reprendre le terrain abandonné à la droite, et revenir sur le cycle le plus important, depuis longtemps, de régression sociale et démocratique”, selon Benoit Hamon. Citant la réduction du temps de travail, les retraites, le droit de grève, la rétention de sûreté, la “mise au pas des médias” et le retour dans le commandement intégré de l’OTAN “sans débat parlementaire”, le jeune eurodéputé a fustigé la politique de Nicolas Sarkozy. “Il est temps que nous replacions notre combat à l’échelle de la reconquête des esprits, des cœurs, et sans doute des consciences des Français”, a-t-il lancé. Et d’avertir qu’au Congrès de Reims, le NPS n’entend pas “se contenter de témoigner, de figurer” mais veut “bien au contraire essayer de s’inscrire dans une démarche de reconquête du pouvoir”. “L’objectif n’est pas d’être à l’aile gauche du parti socialiste, l’objectif c’est que le parti socialiste reste un parti de gauche”, a déclaré M. Emmanuelli lors de cette réunion publique à laquelle participaient Laurent Fabius, Marylise Lebranchu et le politologue Emmanuel Todd. “Il faut dès ce Congrès changer de majorité, pour pouvoir construire l’alternative à cette ligne qui nous a fait échouer” à trois élections présidentielles, a ajouté M. Hamon, car c’est à Reims “que se joueront les conditions du retour de la gauche au pouvoir”.

 

Pour faire connaître notre démarche un site Internet est lancé http://www.reconquetes.eu



par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : NPS
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 2 juin 2008

Le Nouveau Parti Socialiste, d’Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, déposera une contribution dans le cadre du congrès du Parti Socialiste de novembre prochain à Reims. Le plan de cette contribution, nommée reconquêtes, a été rendu public mercredi 28 mai lors d’une conférence de presse.
Des forum régionaux seront organisés tout au long du mois de juin pour discuter et enrichir  cette contribution.

Pour faire connaître sa démarche un site Internet est lancé http://www.reconquetes.eu sur lequel vous trouverez le préambule et le plan de cette contribution. 



par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : NPS
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 17 mai 2008

Alors que le 15 mai, les personnels de l’Education nationale aux côtés des lycéens, et des parents d’élèves, ont exprimé leurs exigences pour un service public de qualité, pour la réussite des jeunes, la seule réponse du Président de la république, est la provocation.

 

Provocation qui conduit comme il en a l’habitude à jouer une partie de l’opinion contre l’autre. Le Ministre de l’Education Nationale, quant à lui, persiste dans son refus de tout dialogue social.

 

La mobilisation massive démontre l’exaspération des enseignants vis-à-vis des remises en cause successives de leur professionnalisme, du mépris affiché par le Ministre à l’égard de leurs propositions et de leurs réflexions.

 

Une telle mobilisation démontre la détermination de toute une profession à se battre pour le maintien d’un service public de l’éducation de qualité au service de la réussite des jeunes et pour le respect, la reconnaissance de leur métier.

 

Le gouvernement ne semble pas prendre la mesure du trouble et de l’inquiétude que provoque sa politique éducative.

 

Il doit accepter de mettre en place un moratoire sur son projet de nouveaux programmes du premier degré contestés par une majorité des enseignants, les organisations syndicales, les mouvements pédagogiques et associatifs.

 

Il doit comprendre que pour les enseignants du premier degré, la suppression de deux heures d’enseignement par semaine, l’externalisation et la fragilisation des dispositifs d’aide comme les RASED, l’alourdissement de la conception mécaniste des programmes, et que pour ceux du second degré, la transformation d’emplois en heures supplémentaires, les suppressions massifs de postes jettent le trouble sur le fonctionnement de l’école à la rentrée prochaine.

Loin de l’image caricaturale de professionnels qui ne voudraient jamais rien voir changé, les enseignants n’ont jamais refusé de participer à la transformation de l’école.
Ils souhaitent une autre politique éducative, une politique ambitieuse qui leur donne les moyens de travailler au quotidien à la réussite de tous les élèves.
Ils réclament d’autres choix budgétaires qui permettent une scolarisation de tous les élèves en maternelle, la mise en place de dispositifs innovants tels que « plus de maîtres que de classes », pour mieux répondre à la difficulté scolaire, le maintien d’un enseignement diversifié, le développement de la formation continue et l’accompagnement des équipes. Ils espèrent de réelles négociations et les signaux nécessaires au rétablissement d’un climat de confiance suites aux déclarations successives de Sarkozy et Darcos.

Alors qu’il ne répond pas aux revendications des grévistes, préférant occulter la réussite de cette journée d’action, le chef de l’Etat annonce le dépôt d’un projet de loi avant l’été visant, sous couvert d’accueil des élèves, à mettre en place un service minimum dans l’éducation et donc à restreindre l’exercice du droit de grève des enseignants. Les professeurs auraient l’obligation de se déclarer grévistes 48h à l’avance et les communes d’organiser un service d’accueil des élèves. L’aide financière apportée aux communes pour la mise en place de ce service minimum - rémunérations des personnels communaux chargés d’organiser une garderie - devrait se faire à partir des retenues sur les salaires des enseignants pour jours de grève.

Cette la loi sur « le droit à l'accueil des enfants dans les écoles primaires », s’imposera à toutes les communes et prévoira des "sanctions" pour les professeurs qui feraient grève sans s'être déclaré gréviste 48 heures à l'avance : "Un professeur qui ne se déclare pas gréviste 48 heures à l'avance et décide de faire grève" s'exposera "à des sanctions disciplinaires". Une telle déclaration est à l'opposé de ce qu'attendent depuis des mois les fonctionnaires de l’Education nationale.

De plus, cette nouvelle loi devrait permettre à partir du moment où la loi crée un droit nouveau, celui du droit à être accueilli, alors il deviendra possible aux représentants des enfants, autrement dit les familles, de recourir aux tribunaux en cas de non respect de ce droit, pour se le voir reconnaître".

Le gouvernement semble vouloir aller très vite sur ce sujet, le projet de loi étant actuellement au stade de la rédaction et devrait être présenté au parlement durant l’été.

Par cette annonce de mise en place d’un service minimum, le chef de l’Etat a ajouté de l’exaspération à la colère des personnels ! La ligne rouge est désormais franchie a déclaré Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.

 

 

 

Communiqué de Henri Emmanuelli

Jeudi 15 mai 2008

 

Offensive grossière et choquante du gouvernement contre les enseignants

 

 

L’offensive brutale du gouvernement contre les enseignants, le système éducatif et la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) est grossière et choquante.

Elle n’hésite pas à recourir à des mensonges éhontés : s’il est vrai que le lycéen français coûte plus cher que celui de l’OCDE, comme le dit M. Woerth, il est tout aussi vrai que l’élève du primaire, du collège ainsi que l’étudiant en université coûtent moins cher.

Contrairement aux affirmations du Ministre du budget, le système éducatif français n’est pas plus cher que les autres ; et les enseignants qui réclament des moyens pour les autres sont beaucoup moins égoïstes que les amis de M. Woerth, qui se sont octroyés plusieurs milliards d’euros de cadeaux fiscaux pour moins de 350 000 personnes.

 

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : NPS
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 13 avril 2008

Source : Le Monde en date du Vendredi 11 avril 2008. Liêm Hoang-Ngoc est économiste, Maître de conférences à l'Université de Paris-I.


Le gouvernement s'apprête à appliquer un plan d'économie de 7 milliards d'euros à l'horizon 2011 dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. Après les 23 900 départs à la retraite non remplacés en 2008 (dont 11 200 dans l'éducation), 35 000 postes seront à nouveau supprimés en 2009 dans la fonction publique. "L'économie" réalisée ne dépassera pourtant pas 500 millions d'euros par an.  

On voit mal comment le gouvernement s'y prendra, sans relever les impôts, pour solder le reste de la facture par le simple biais des réorganisations annoncées (parfois nécessaires) de l'administration. En attendant, après l'éducation, l'encadrement prévu des dépenses de santé et d'emploi compromettra le traitement de nombreuses urgences sociales. Le manque de personnel dans les hôpitaux ne sera pas comblé. Le volet "sécurité" de la "flexisécurité" verra difficilement le jour. Le revenu de solidarité active ne fera pas long feu. Une telle baisse des dépenses publiques provoquera de surcroît un effet récessif.

Contrairement à l'objectif recherché, les déficits se creuseront de nouveau, compte tenu de la chute des recettes fiscales induite par la décroissance de l'économie. Trop de rigueur tuera la rigueur. La politique budgétaire restrictive française est une erreur économique à l'heure où pointe une récession mondiale. Dans un tel contexte, Américains et Britanniques ne manquent jamais d'user de l'arme budgétaire pour relancer la croissance, en complément de l'instrument monétaire. La France pourrait d'autant plus emboîter le pas que ses marges de manoeuvre budgétaires sont sous-estimées.

Premièrement, la France n'est aucunement en faillite. Comme tout compte de patrimoine, le compte de l'Etat comporte un passif, la dette, mais il inclut également les actifs qu'il détient. La différence, positive, représente 38 % du PIB. Chaque nouveau-né voit en vérité le jour avec un crédit de 11 000 euros. 

Deuxièmement, nos marges de manoeuvre sont en particulier plus grandes qu'outre-Atlantique. Il existe une abondante épargne intérieure qui fait cruellement défaut aux Etats-Unis. Dans l'Hexagone, elle deviendrait excédentaire si l'Etat ne la mobilisait pas pour compenser le déficit d'investissements privés qui pénalise la croissance française. Parce que cette épargne est friande d'obligations d'Etat, réputées extrêmement sûres, l'agence France Trésor peut émettre des titres à très bas taux d'intérêt pour financer une relance budgétaire. Il n'y a donc aucun problème pour financer la politique publique. Le "paquet fiscal" a ainsi été financé grâce à la dette. Il ne provoque malheureusement pas le choc fiscal initialement escompté. 

Malgré l'allégement du coût des heures supplémentaires, les entreprises n'ont aucune raison d'accroître le volume de travail dans le marasme qui prévaut. L'exonération de cotisations a donc créé un nouvel effet d'aubaine. Le manque à gagner pour la sécurité sociale devra être comblé par de nouveaux prélèvements qui pèseront sur la consommation. Le reste du "paquet" (bouclier fiscal, successions, intérêts d'emprunt...) accroît le revenu disponible des ménages aisés, dont la propension à épargner est forte. 

En 2009, les 13,8 milliards du paquet fiscal pourraient être redéployés vers des dépenses porteuses d'avenir : santé, éducation, innovation, recherche, investissement public, redistribution. La dette est alors dite "soutenable" si la croissance qu'elle soutient engendre les recettes fiscales permettant en fin de course de réduire les déficits. Le meilleur moyen de réduire les déficits est de relancer la bonne dépense, celle qui exerce un effet réel sur la croissance. Entre 1999 et 2006, la Grande-Bretagne a ainsi réduit sa dette malgré un accroissement de 5 points de ses dépenses publiques, notamment destiné à créer 560 000 emplois publics, dont 150 000 dans l'éducation et 280 000 dans la santé. 

Le plan de rigueur n'est justifié à l'aune d'aucun argument macroéconomique sérieux. Il n'est indispensable que dans la perspective d'un respect dogmatique du pacte de stabilité, dont Romano Prodi disait qu'il est une stupidité. L'application du pacte de stabilité est en effet à l'origine du "paradoxe de la dette" : la dette publique s'est accrue au cours de ces quinze dernières années au cours desquelles les gouvernements ont appliqué des politiques censées réduire le poids de l'interventionnisme public. Contrairement à une idée reçue, la montée inexorable des déficits n'est aucunement due à une explosion des dépenses de l'Etat et de ses dépenses de fonctionnement. La part des dépenses publiques dans le PIB est restée inchangée depuis vingt-cinq ans, autour de 53 % du revenu national.

En son sein, ce sont les dépenses sociales (santé, retraite) qui ont augmenté de plus de 2 points, sans qu'on puisse crier au scandale. La part des dépenses de l'Etat a baissé de 3 points, passant de 25 % à 22 % du PIB. Parmi celles-ci, les dépenses de fonctionnement, cibles de toutes les critiques, ont été réduites de 5 points, passant de 40 % à 35 % des dépenses de l'Etat. Les dépenses de personnel ont été réduites de 4 points, passant de 28 % à 24 % des dépenses de l'Etat. Par ailleurs, la loi organique relative à la loi de finances évalue désormais strictement chaque mission dans une perspective nécessaire de rationalisation des choix budgétaires. Enfin, les budgets des collectivités territoriales sont équilibrés, malgré de nombreux transferts de compétences réalisés sans transferts de ressources.

Le creusement de la dette publique ne provient donc pas de l'inflation de dépenses publiques, mais de la chute des recettes fiscales qui résulte de la baisse du rendement de l'impôt, induite par les réformes fiscales engagées depuis 1993, et de l'inefficacité des politiques "de l'offre". Celles-ci se sont avérées incapables d'emmener la croissance française à son taux potentiel, supérieur à 3 %.
 

A l'exception de la période 1998-2001, la croissance annuelle moyenne a été trop souvent en dessous des hypothèses retenues pour la construction des lois de finances. La dette publique s'est donc accrue. Elle représentait 36,5 % du PIB en 1991, avant l'entrée en application du traité de Maastricht. Elle explose entre 1993 et 1996, où elle s'élève à 58,5 % du PIB. Après un intermède lié à la reprise de 1998-2001, elle recommence à croître à partir de 2002. Elle est aujourd'hui supérieure à 64 %. Il n'y a pas d'exception française en la matière.

Malgré leur zèle à comprimer les dépenses publiques, cinq autres pays de l'Eurogroupe ne parviennent pas à respecter la limite d'un taux d'endettement de 60 % du PIB, fixé par le pacte de stabilité. Le taux d'endettement du Portugal est de 65 %, celui de l'Allemagne de 68 %, celui de la Belgique de 89 %, celui de la Grèce de 105 % et celui de l'Italie de 107 %.
La présidence française du Conseil européen peut être l'occasion, dès le 1er juillet, de lancer enfin le chantier de la révision du pacte de stabilité pour inscrire l'Europe dans la perspective d'une relance mondiale de la croissance. Puisque rien n'est gravé dans le marbre d'une Constitution, le prochain président du Conseil européen peut, pour cela, proposer sans difficulté de réviser l'article 126 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, l'un des trois textes qu'il a fait ratifier, il y a peu, par voie parlementaire.

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : NPS
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 9 avril 2008

 

RFI : Revenons sur le plan annoncé par Nicolas Sarkozy, « plan de rigueur » dit la gauche, « plan d'économie, de meilleure gestion » dit le pouvoir. Pour en parler avec nous : Liêm Hoang Ngoc. Vous êtes universitaire, chercheur au centre d'économie de la Sorbonne et vous venez de publier Sarkonomics aux éditions Grasset. Un mot sur ce plan qui est présenté comme étant absolument nécessaire pour relancer l'économie française...

Je suis de ceux qui pensent que ce plan est une erreur économique. A l'heure où le monde est en train de plonger vers la récession, entraîné par la mauvaise conjoncture américaine, il faudrait au contraire relancer l'économie. A cet effet, les Etats-Unis eux-mêmes sont en train de pratiquer le déficit budgétaire. Au contraire, les 7 milliards d'économie prévus risquent de nous plonger dans la récession. Trop de rigueur tuerait même la rigueur... Le plan annoncé va plomber la croissance. Il y aura moins de recettes fiscales et les déficits se creuseront à nouveau malgré les intentions affichées....

RFI : ... mais on peut comprendre – c'est dans toute logique de bonne gestion de portefeuille, de gestion de bon père de famille – que quand ça va mal il faut faire des économies et c'est clairement l'idée du gouvernement...

La France n'est pas en faillite, contrairement à ce que dit M. Fillon. Un compte de patrimoine – il devrait le savoir – comporte un passif, la dette, mais aussi un actif, les « bijoux de famille » : les actifs que détient l'Etat. Et si vous faites le solde, il est positif. Il représente 37 % du PIB. La France peut donc s'endetter – comme le fait n'importe quelle entreprise – à très bas taux d’intérêt puisque les épargnants sont particulièrement friands des obligations d'Etat qu'émet l'Agence France Trésor . On peut donc parfaitement financer un plan de relance. Le paquet fiscal, par exemple, a été financé par la dette. Malheureusement, ce paquet de 14 milliards n'a pas provoqué le choc escompté sur la croissance. Tout le débat devrait par conséquent porter sur l’affectation des marges de manœuvre réellement existantes que mobilise déjà l'Etat par l’emprunt....

RFI : ... et quelles sont les pistes que vous développez ?

De nombreux économistes pensent que l'affectation de ces sommes vers l'innovation, la recherche, la santé, l'éducation et l'investissement public sont les pistes à explorer. Actuellement, elles ne le sont pas puisque les 15 milliards sont orientés vers la baisse du coût des heures supplémentaires et vers la redistribution « à l’envers » en direction de catégories qui épargnent.

RFI : Vous dites qu'il faut s'endetter mais le problème c'est que la dette publique est déjà très lourde. D'ailleurs, la France est pointée du doigt par les instances européennes pour son endettement ; donc c'est quelque chose qui, apparemment, est impossible.

Je viens de vous expliquer qu'il n'y avait aucune contrainte économique à l'endettement, dès lors qu’il existe une abondante épargne qui soit en mesure de financer la relance de la croissance. La croissance permet en fin de course de réduire les déficits. La meilleure façon de réduire les déficits, c'est d'accepter un déficit provisoire. Aujourd'hui, la seule contrainte à ce plan de relance - que d'autres économistes et moi appelons de nos voeux - c'est la contrainte juridique du pacte de stabilité, que Romano Prodi a qualifié de pacte de « stupidité »...

RFI : ... c'est une obligation européenne...

... c'est une obligation juridique absolument stupide sur le plan économique. L'endettement de l'état fixé à un taux de 60 % que ne justifie aucune théories économiques. La France n'est pas la moins bien lotie : aucun des grands pays de l'Eurogroupe, sauf l'Espagne, ne respecte aujourd'hui le pacte de stabilité. L'Allemagne a un taux d'endettement au-dessus de 60 %, l'Italie est au-dessus de 100 et la moyenne européenne est à 68...

RFI : ... donc il ne sert à rien de vouloir être un bon élève européen ?

Non, je pense que le Président de la république devrait profiter de sa prise de fonction au Conseil européen le 1er juillet pour lancer le chantier d’une révision du pacte de stabilité, pour accompagner la relance mondiale que les autorités budgétaires américaines sont en train d’entreprendre.

RFI : Comment ça se passe ailleurs dans le monde ? Comment les pays qui se voient guettés par cette récession réagissent ? Font-ils des économies ou creusent-ils les déficits pour relancer leur consommation ?

Les anglo-saxons sont extrêmement pragmatiques. Les Etats-Unis pratiquent résolument le déficit budgétaire pour relancer l'activité économique. Ces vingt dernières années, la Grande-Bretagne, qui n'est pas dans la zone Euro et qui n'a pas à respecter le pacte de stabilité, n'a pas hésité à descendre en dessous du critère des 3 % de déficit budgétaire annuel pour relancer son activité. D'ailleurs, on ne dit jamais qu'entre 1999 et 2006 la Grande-Bretagne a créé 560.000 emplois publics dans la santé et l'éducation, en accroissant de 5 points la part de ses dépenses publiques dans le PIB. La dépense publique a soutenu la croissance et, par voie de conséquence, les recettes fiscales engrangées ont permis à la Grande Bretagne de réduire son taux d'endettement.

RFI : Il y a-t-il une connotation libérale dans ce plan annoncé par Nicolas Sarkozy ?

Absolument, c'est la raison pour laquelle, j'ai intitulé mon ouvrage Sarkonomics en écho à la Reaganomics qui sévissait il y a trente ans aux Etats-Unis.

RFI : Donc vous pensez qu'en matière économique, il y a un atlantisme du chef de l'Etat ?

Oui tout à fait. Le chef de l'Etat, et plus généralement le RPR depuis 1979, court après les idées libérales de l'UDF pour lui piquer son électorat et ses idées – M. Bayrou en sait quelque chose… Aujourd'hui un certain nombre d'idées néoconservatrices viennent s'ajouter au nouveau programme de la Droite. Celle-ci n'est plus gaulliste, elle est, aujourd'hui, devenue atlantiste, et pas seulement sur le terrain des idées économiques. Sur le terrain géopolitique, l'alignement sur les Etats-Unis en ce qui concerne l’envoi de troupes en l'Afghanistan est significatif.

 

 

www.nouveau-ps.org

 

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : NPS
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

AGENDAS

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Blog : Lesbien sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus