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Vendredi 21 mars 2008

07-09-04-sarkozy-darcos.jpg- Peut on accepter une école sans moyens, sans enseignants, 

- Peut on accepter une école sans temps et options pour réfléchir, penser, comprendre, …mais aussi rêver, une école qui n’aide plus les jeunes à se réaliser, à s’émanciper, à devenir autonome pour devenir les citoyens de demain,  

- Peut Peut on accepter une école refermée sur elle, n’offrant plus les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes chances d’accès aux savoirs, à la connaissances, les mêmes chances de réussite à toute la jeunesse, une école privée tout simplement  de sa mission de service publique de l’éducation,

  Peut on accepter une école libérale, où les établissements et les personnels seraient en concurrence et dont les parents et les élèves seraient de simples consommateurs, une école où la seule obsession comptable primerait sur les exigences d'un service public de qualité au service de la réussite de tous les élèves. 

 
A toutes ces questions, les 18 et 19 mars les enseignants ont répondu «NON»

 

Les enseignants et la communauté éducative ne veulent pas de cette école.Ils ne veulent pas de l'école du 21ème siècle que nous dessine Sarkozy et son ministre Darcos.

 

Les 18 et 19 mars dernier, les enseignants en grève, ont ainsi voulu, signifier au Ministre de l’Education nationale leur refus de la politique éducative gouvernementale, lui dire qu’ils veulent « une autre rentrée 2008 », une autre conception de l’école, ainsi que de vraies négociations sur la revalorisation et l’avenir des métiers de l’éducation nationale.  

Le président – Ministre de l’éducation nationale, déclare vouloir remettre de l’école dans l’école. Il ne cesse de communiquer – à la place de son ministre – sur l’importance qu’il accorde à l’école primaire. Cependant, il ne crée que 580 emplois dans le premier degré pour 17 000 élèves supplémentaires, supprime 900 postes aux concours 2008, remet en cause l’école maternelle, n’a toujours pas consulté sur les nouveaux programmes et n’a pas encore fait connaître les mesures de la carte scolaire pour la prochaine rentrée. C’est sûrement cela remettre de l’école dans l’école ! 

Quand on veut avoir des exigences, quand on affirme vouloir une école compétitive, une école qui réponde correctement à sa mission de service publique de l’éducation, alors on lui donne des moyens et des outils adaptés pour que tous les élèves, puissent acquérir une éducation, une instruction, une culture, une curiosité, une responsabilité, une autonomie - ingrédients indispensables si l’on veut une jeunesse ouverte sur le monde, capable de le comprendre, de l’appréhender, d’y jouer un rôle, de le faire évoluer, bref indispensables, si on veut construire le citoyen du 21ème siècle. 

Le projet de nouveaux programmes de l’école primaire ne semble, hélas, pas répondre à ces préoccupations : alourdissement des contenus par une conception mécaniste des apprentissage et un affaiblissement de leur dimension culturelle, alors que dans le même temps on réduit le temps scolaire. De plus, la communauté éducative se demande si ces nouveaux programmes contribueront à la réussite de tous les élèves ou si au contraire ils pénaliseront ceux qui ont le plus besoin d’école. 
Enfin, l’apparition de la morale dans les programmes, et ce dès la maternelle, n’est pas sans poser de questionnement. La mise en place de l’instruction civique et morale telle qu’elle est présentée fait référence à un modèle existant dans les années 50 et ne correspond plus aux besoins d’aujourd’hui. A quelle morale se réfère le ministre ? En tous les cas pas à celle qui a pour objectif de faire de l’enfant un être autonome et citoyen. Quelle intention politique y a-t-il derrière le fait d’introduire dans les programmes pour les élèves de CM2  les règles d’acquisition de la nationalité française ?

Comme pour le premier degré, les enseignants du second degré sont soucieux de préserver la qualité et les valeurs de l’école Républicaine.

 
fermeture_1188459208-copie-1.jpgLà encore, quand on a de grandes ambitions pour l’école, on lui accorde des moyens suffisants et on ne procède pas, la rentrée la rentrée 2008, à la suppressions des 11200 postes – dont 8 830 dans les collèges et les lycées publics (6700 emplois d’enseignants et 2130 emplois de stagiaires correspondant à la baisse des recrutements aux concours), on n’a pas recours de manière très importante aux heures supplémentaires (3 500 des emplois supprimés au budget 2008 sont transformées en 63 000 HSA !). Avec de telles coupes, la plupart des Dotations Horaires Globales des établissements scolaires du second degré (DHG) vont être amputées et, dans une grande partie des établissements, le volume des HSA (heures supplémentaires année) va être en augmentation au détriment des Heures poste. 

Ce constat s’inscrit dans un contexte très général d’attaque contre les salaires, les retraites et les statuts de tous les fonctionnaires et répond à la mise en place du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Cette nouvelle saignée dans les effectifs enseignants, qui vient s’ajouter aux milliers de suppressions intervenues les deux dernières années, mettra en péril l’organisation des enseignements dégradant les conditions de travail des personnels et des élèves, et portera atteinte à la qualité du service public d’enseignement : dévalorisation du métier, suppressions ou partage des postes, réduction du nombre d’adultes dans les établissements alors que les effectifs élèves seront en augmentation. Dans ce contexte, le risque est grand de voir – à nouveau – des menaces sur les forfaits AS et sur la coordination EPS, sur les options EPS, SES, arts appliqués, musique etc… 
 

Quand on a de grandes ambitions, on ne réduit pas l’offre de formation et d’enseignement par une éventuelle remise en cause des trois voies distinctes d’études (générale, technologique et professionnelle) au lycée. Par ailleurs, une réforme de l’enseignement professionnel prévoit notamment la généralisation des bacs pro en trois ans (- 1 ans) qui aboutirait à la disparition des sections de BEP ce qui pourrait entraîner une augmentation du nombre d’élèves sortant du système scolaire sans diplôme ou amènerait à pré orienter une partie des élèves les plus en difficulté dès la fin du collège vers l'apprentissage hors système professionnel public.  Le boulversement qu'induit cette réforme n'est pas guidée par des préoccupations pédagogiques mais par la nécéssité qu'a le ministère de trouver les moyens de supprimer 80000 emplois d'enseignants d'ici 4 ans.

 

Enfin, il ne peut y avoir de véritable ambition, sans un réel respect du corps enseignant. Pour cela afin de redonner confiance, il serait nécessaire d’accepter de véritables négociations sur la revalorisation du métier enseignant et des métiers de l’éducation, dans le respect des statuts et missions.

Le rapport Pochard, véritable provocation, ne peut en aucun cas constituer une base de discussion car il est porteur de dangers pour les statuts et les missions des enseignants. Les orientations préconisées par ce rapport sont dans le droit fil de la loi Fillon et de ses déclinaisons depuis 2005. Il s’agit pour le service public d’éducation, "de rentabiliser en libéralisant, de flexibiliser en annualisant, de mettre en concurrence en atomisant".

Alors que le métier est de plus en plus difficile, que les charges de travail s'alourdissent, que les enseignants réclament des moyens pour réduire les difficultés et l'échec scolaire, les mesures proposées vont à l'encontre de ces attentes, et sont dictées par des impératifs de réduction budgétaire et par la volonté de dénaturer les métiers de l'éducation.

Il semble qu'il est grand temps de se mobiliser pour forcer le ministre Darcosarkozy à répondre aux attentes de la communanté éducative, de bien prendre un moratoire sur les suppressions de postes, et pour lui demander 
de bien vouloir nous dessiner l’école, notre école du 21ème siècle....DIS Monsieur Sarkozy, dessine moi une école

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : PS
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Mercredi 19 mars 2008

LEMONDE.FR avec AFP | 19.03.08 |

 

 

Dans la foulée des succès du PS aux élections municipales et cantonales, Henri Emmanuelli a appelé, mercredi 19 mars, à la création d'un conseil des collectivités territoriales, qui regrouperait les collectivités de gauche. "Pour faire agir ces municipalités ensemble, ces conseils généraux ensemble, ces régions ensemble, on ne peut pas le faire par les ordres venus du parti d'en haut. Il faut créer une structure de réflexion à l'intérieur de laquelle on discute des sujets, et où on vote s'il le faut", a estimé de député et président du conseil général des Landes, lors de l'émission "Questions d'info" (LCP/France Info/AFP).

"On a une responsabilité lourde : gérer 60 % des départements, quasiment 100 % des régions, un paquet énorme de villes maintenant et, à travers ces collectivités locales, plus de la moitié de la population française. Cela implique que le PS sache faire de ces collectivités locales un dispositif efficace", a-t-il dit.

Selon lui, "les collectivités ne peuvent pas remplacer l'Etat, mais elles peuvent empêcher l'Etat de faire certaines choses (...), par exemple pour s'opposer au transfert de la crise des finances publiques d'Etat vers les collectivités locales".

M. Emmanuelli a rappelé qu'existe "depuis trente ans" la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (Fneser), mais qu'elle "n'a jamais servi à grand-chose". Il a souhaité la création de la nouvelle structure en juin.undefined

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : PS
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Mercredi 6 février 2008

undefinednon respect du vote souverain du peuple… Les élus du peuple ont bafoué la démocratie

 

Les parlementaires, réunis en congrès à Versailles, ont adopté hier la révision de la constitution, nécessaire à la ratification par voie parlementaire du traité de Lisbonne. 

On savait que le match ne serait pas facile et qu’il serait impossible de bloquer la réforme constitutionnelle sans une opposition massive de tous les parlementaires de gauche et notamment des socialistes. Car se sont bien les socialistes qui détenaient les clés du scrutin et qui pouvaient faire basculer le vote. 

On aurait pu espérer que nos parlementaires socialistes qui se disaient favorables au référendum nous fassent la démonstration de leur véritable engagement pour le respect du vote souverain du peuple français, engagement que nous avions pris collectivement devant les français à diverses occasions : 

- synthèse du Mans : « Le 29 mai dernier, le traité constitutionnel européen a été rejeté par une majorité de nos citoyens. Les socialistes prennent acte de ce rejet et respecteront cette volonté populaire ».

- Programme des socialistes : «L’Europe élargie ne pourra demain décider de façon efficace et peser dans le monde qu’avec d’autres institutions que celles du Traité de Nice. Nous refuserons une ratification du Traité Constitutionnel Européen tel qu’il a été rejeté le 29 mai, même s’il est accompagné d’un nouveau préambule. Nous proposerons l’élaboration d’un Traité strictement institutionnel qui organisera efficacement les pouvoirs, avec un Parlement Européen exerçant ses pleines responsabilités législatives et budgétaires, un Président de la Commission élu par le Parlement, un Conseil Européen, avec à sa tête un Président de l’Europe. Une fois renégocié un tel traité sera soumis au peuple par référendum ».

- Programme de notre candidate à la présidentielle « Traité strictement institutionnel soumis au peuple par référendum », « Les Français seront appelés à se prononcer par référendum sur le nouveau traité européen, celui ci ne se fera pas à leur insu » (discours de Melle).

 

Sans un vote massif des forces de gauche, des socialistes en particulier, le résultat du vote était connu d’avance.

 

En prônant l’abstention, la majorité des socialistes ont voulu se donner bonne conscience et exprimer le regret, comme le dit si bien Pierre Moscovici, «que le président se soit dérobé à la voie référendaire» pour faire adopter le traité ajoutant aussi ne pas vouloir «faire obstacle» à sa ratification.

 

En décidant de s’abstenir au Congrès de Versailles, le PS a renoncé à empêcher la ratification par voie parlementaire du traité modificatif européen. Ce qui rend bien hypocrite le regret de ses élus sur le référendum.

 

Mais aujourd’hui, les français, en majorité attachés à l’organisation d’un référendum, sont en droit de penser que les socialistes se sont dérobés, qu’ils ont eux trahit leur engagement car Sarkozy a toujours affirmé vouloir la voie parlementaire. De même, ils pourraient nous faire endosser la seule responsabilité de ce vote car se sont nos parlementaires qui détenaient la clé du scrutin. En effet, si le vote des socialistes avait été différent, alors tout devenait possible au regard du décompte des votes. Voir ci après la tribune de JL Mélenchon.

 

Je retiendrais ici en conclusion les propos de notre camarade Henri Emmanuelli, car je crois que c’est la seule véritable raison ou explication à ce vote «Nicolas Sarkozy se croit au-dessus de la souveraineté du peuple. Ça va mal finir. De manière générale, la classe politique n'a jamais admis d'avoir été désavouée en mai 2005. Ils tiennent leur revanche, mais pour quelques semaines seulement»

 

Ce vote me rend amer…La démocratie a été bafouée…Le peuple bâillonné.

 

Tribune de JL Mélenchon.

 

« Ce soir je suis très amer. L’analyse du scrutin du congrès du parlement à Versailles donne raison à l’analyse et au décompte publiés ici et répétés tant de fois. Lisez bien : le total des voix de droite, du centre et des non inscrits qui ont voté oui à la réforme Constitutionnelle est de 523 voix. C’est-à-dire 519 exprimés plus quatre votes en « abstention » ou « contre » rectifiés ensuite. 523 voix c’est 22 voix de moins que la majorité requise qui était de 545 voix ! Ce sont donc les 40 voix venues de gauche qui ont permis d’interdire le référendum : 17 députés PS et PRG, 15 sénateurs PS et Verts, 8 sénateurs PRG et divers gauche !

 

A l’inverse si tous les parlementaires de gauche présents avaient voté contre la réforme, le total aurait été de 355 voix. La minorité requise était de 363 voix. Il aurait manqué 8 suffrages, exactement comme prévu. Mais compte tenu du vote négatif de 14 parlementaires de droite (comme prévu par les décomptes publiés sur mon blog) il y aurait eu 369 voix « contre » soit 6 voix de plus que le total requis !

Ce n’est pas tout. Compte tenu des abstentions et des refus de vote (NPPV) à droite et au centre (15 voix ce 4 février), le seuil de la minorité de blocage serait même descendu à 357 voix. Cela aurait donné au vote « contre » la réforme une avance de 12 voix.

La gauche aidant la droite à empêcher le vote du peuple : la honte. Un parlement votant en deux heures la censure du peuple : la honte. Une combine politicienne pour rendre tout ça possible : la honte ! »

 

 

 

VOTE DES PARLEMENTAIRES DE GAUCHE A VERSAILLES, le 4 février

 

I - ASSEMBLÉE NATIONALE

GROUPE : SOCIALISTE, RADICAL, CITOYEN ET DIVERS GAUCHE (204)

 

- Pour: 17 :

Dominique Baert, Christophe Caresche, Paul Giacobbi, Annick Girardin, Armand Jung, Jack Lang, Michel Lefait, Annick Lepetit, Albert Likuvalu, Victorin Lurel, Jeanny Marc, Dominique Orliac, Sylvia Pinel, Philippe Tourtelier, Manuel Valls, André Vézinhet et Jean‑Claude Viollet.

 

- Contre: 91

Sylvie Andrieux, Jean‑Paul Bacquet, Jean‑Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Christophe Bouillon, François Brottes, Thierry Carcenac, Laurent Cathala, Bernard Cazeneuve, Jean‑Paul Chanteguet, Alain Claeys, Jean‑Michel Clément, Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Pascal Deguilhem, Marc Dolez, Jean‑Pierre Dufau, William Dumas, Jean‑Louis Dumont, Laurence Dumont, Jean‑Paul Dupré, Philippe Duron, Olivier Dussopt, Christian Eckert, Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Albert Facon, Martine Faure, Hervé Féron, Pierre Forgues, Mme Valérie Fourneyron, Michel Françaix, Jean‑Claude Fruteau, Geneviève Gaillard, Daniel Goldberg, David Habib, Sandrine Hurel,. Christian Hutin, Jean‑Louis Idiart, Françoise Imbert, Michel Issindou, Serge Janquin, Régis Juanico, Jean‑Pierre Kucheida, Conchita Lacuey, Jérôme Lambert, Jean Launay, Patrick Lebreton, Gilbert Le Bris, Catherine Lemorton, Jean‑Claude Leroy, Serge Letchimy, Michel Liebgott, Martine Lignières‑Cassou, François Loncle, Jean Mallot, Marie‑Lou Marcel, Philippe Martin, Martine Martinel, Frédérique Massat, Gilbert Mathon, Didier Mathus, Kléber Mesquida, Jean Michel, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Philippe Nauche, Henri Nayrou, Alain Néri, Michel Pajon, Christian Paul, Germinal Peiro, Jean‑Luc Pérat, Jean‑Claude Perez, Catherine Quéré, Simon Renucci, Marie‑Line Reynaud, Chantal Robin‑Rodrigo, Patrick Roy, Odile Saugues, Christophe Sirugue, Christiane Taubira, Pascal Terrasse, Jacques Valax, Michel Vauzelle, Michel Vergnier, Alain Vidalies et Jean‑Michel Villaumé. 

 

-Abstention: 93

Patricia Adam, Jean‑Marc Ayrault, Delphine Batho, Chantal Berthelot, Jean‑Louis Bianco, Gisèle Biémouret, Serge Blisko, Patrick Bloche, Daniel Boisserie, Maxime Bono, Jean‑Michel Boucheron, Marie‑Odile Bouillé, Monique Boulestin, Pierre Bourguignon, Danielle Bousquet, Alain Cacheux, Jérôme Cahuzac, Jean‑Christophe Cambadélis, Martine Carrillon‑Couvreur, Guy Chambefort, Gérard Charasse, Marie‑Françoise Clergeau, Catherine Coutelle, Pascale Crozon, Frédéric Cuvillier, Claude Darciaux, Michel Debet, Michèle Delaunay, Guy Delcourt, Michel Delebarre, Bernard Derosier, Michel Destot, René Dosière, Julien Dray, Tony Dreyfus, Yves Durand, Mmes Odette Duriez, Corinne Erhel, Aurélie Filippetti, Geneviève Fioraso, Jean‑Louis Gagnaire, Guillaume Garot, Jean Gaubert, Catherine Génisson, Jean‑Patrick Gille, Joël Giraud, Gaëtan Gorce, Pascale Got, Marc Goua, Jean Grellier, Elisabeth Guigou, Danièle Hoffman‑Rispal, François Hollande, Monique Iborra, Eric Jalton, Henri Jibrayel, Marietta Karamanli, François Lamy, Jean‑Yves Le Bouillonnec, Mme Marylise Lebranchu, Jean‑Yves Le Déaut, Jean‑Marie Le Guen, Annick Le Loch, Bruno Le Roux, Bernard Lesterlin, Louis‑Joseph Manscour, Jacqueline Maquet, Jean‑René Marsac, Sandrine Mazetier, Michel Ménard, Pierre Moscovici, Pierre‑Alain Muet, Marie‑Renée Oget, Françoise Olivier‑Coupeau, George Pau‑Langevin, Marie‑Françoise Pérol‑Dumont, Martine Pinville, Philippe Plisson, François Pupponi, Jean‑Jack Queyranne, Dominique Raimbourg, Alain Rodet, Marcel Rogemont, René Rouquet, Alain Rousset, Michel Sainte‑Marie, Michel Sapin, Marisol Touraine, Jean ‑Louis Touraine, Jean Jacques Urvoas, Daniel Vaillant, André Vallini et Philippe Vuilque.

 

- Non-votant: 3

Jean Glavany, Patrick Lemasle et Bernard Roman.

 

 

GROUPE : GAUCHE DEMOCRATE ET REPUBLICAINE (24)

- Contre: 21

Marie‑Hélène Amiable, François Asensi, Huguette Bello, Martine Billard, Alain Bocquet, Patrick Braouezec, Jean‑Pierre Brard, Mme Marie‑George Buffet, Jean‑Jacques Candelier, André Chassaigne, Jacques Desallangre, Jacqueline Fraysse, André Gerin, Pierre Gosnat, Maxime Gremetz, Jean‑Paul Lecoq, Alfred Marie‑Jeanne, Roland Muzeau, Daniel Paul, Jean‑Claude Sandrier et Michel Vaxès.

 

- Abstention: 3

Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy.

 

II - SÉNAT

GROUPE : SOCIALISTE. (96)

 

- Pour: 15

Robert Badinter, Jean Besson, Nicole Bricq, Monique Cerisier‑Ben Guiga, Charles Josselin, Alain Journet, Gérard Miquel, Bernard Piras, Jean‑Pierre Plancade, Daniel Raoul, André Rouvière, Patricia Schillinger, Jean‑Pierre Sueur, Catherine Tasca et Richard Yung.

 

- Contre: 30

Bernard Angels, David Assouline, Maryse Bergé‑Lavigne, Alima Boumediene‑Thiery, Jean‑Louis Carrère, Michel Charasse, Pierre‑Yves Collombat, Roland Courteau, Jean Desessard, Michel Dreyfus‑Schmidt, Josette Durrieu, Charles Gautier, Jean‑Pierre Godefroy, Claude Haut, Annie Jarraud‑Vergnolle, Bariza Khiari, André Lejeune, Alain Le Vern, Jean‑Pierre Masseret, Marc Massion, Jean‑Luc Mélenchon, Jean‑Pierre Michel, Michel Moreigne, Daniel Percheron, Marcel Rainaud, Gérard Roujas, Claude Saunier, Jean‑Marc Todeschini, Robert Tropeano et André Vantomme.

 

- Abstention: 49

Jacqueline Alquier, Michèle André, Bertrand Auban, Jean‑Pierre Bel, Marie‑Christine Blandin, Yannick Bodin, Didier Boulaud, Yolande Boyer, Jean‑Pierre Caffet, Claire‑Lise Campion, Bernard Cazeau, Gérard Collomb, Yves Dauge, Jean‑Pierre Demerliat, Christiane Demontès, Claude Domeizel, Bernard Dussaut, Jean‑Claude Frécon, Bernard Frimat, Jacques Gillot, Jean‑Noël Guérini, Yves Krattinger, Philippe Labeyrie, Serge Lagauche, Serge Larcher, Louis Le Pensec, Raymonde Le Texier, Claude Lise, Roger Madec, Philippe Madrelle, Jacques Mahéas, François Marc, Pierre Mauroy, Louis Mermaz, Jacques Muller, Jean‑Marc Pastor, Jean‑Claude Peyronnet, Jean‑François Picheral, Gisèle Printz, Daniel Reiner, Thierry Repentin, Roland Ries, Michèle San Vicente‑Baudrin, Michel Sergent, Jacques Siffre, René‑Pierre Signé, Simon Sutour, Michel Teston et Dominique Voynet.


- Non-votant: 2

Odette Herviaux et Paul Raoult.

 

GROUPE : COMMUNISTE REPUBLICAIN ET CITOYEN. (23)

- Contre: 23

Eliane Assassi, François Autain, Marie‑France Beaufils, Pierre Biarnès, Michel Billout, Nicole Borvo Cohen‑Seat, Robert Bret, Jean‑Claude Danglot, Annie David, Michelle Demessine, Evelyne Didier, Guy Fischer, Thierry Foucaud, Brigitte Gonthier‑Maurin, Gélita Hoarau, Robert Hue, Gérard Le Cam, Josiane Mathon‑Poinat, Jack Ralite, Ivan Renar, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean‑François Voguet.

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : PS
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Dimanche 6 janvier 2008

«La loi de séparation, c’est la marche délibérée de l’esprit vers la pleine lumière, la pleine science et l’entière raison», Jean Jaurès.

Après un petit tour médiatique avec Minnie à Disneyland, Mickey s’est rendu le 20 décembre à Rome pour rencontrer le pape et prendre possession de son nouveau titre « chanoine d’honneur de Saint Jean De Latran ».

A cette occasion, il en a profité pour faire la « fête » à la laïcité contredisant ainsi ses engagements de campagne et notamment les propos tenus le 30 novembre 2006 « la laïcité, c’est la séparation de l’Eglise et de l’Etat, cette séparation doit être absolue ». - émission A vous de juger, sur France 2- Mais Nicolas 1er – chanoine de Latran - n’est plus à une contradiction près.

Que Nicolas 1er se rende à Rome pour demander son titre religieux ne n’aurais pas plus choquée que ça – si cela lui gonfle un peu plus son ego – pas de problème - car nous savons désormais que Sarko est mégalomaniaque et que son plus grand problème est la quête permanente de l’affichage de son pouvoir et de son prestige. Ce qui me choque et qui devrait tous nous inquiéter – lisez le discours ci après – ce sont les termes du discours qu’il a prononcé à cette occasion.

En effet, dans ce discours le « président – chanoine » met à mal un des piliers, un des principes fondamentaux de notre République à savoir la Laïcité.

 

Pourtant notre constitution, dans son article, 1 est très claire «  la France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale » affirmant ainsi que la religion relève d’un choix et de la sphère privée. La laïcité, cadre protecteur des droits de l’homme, de l’égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les cultes, est dans ce discours mise à mal.

Les propos tenus le 20 décembre dernier par notre le nouveau chanoine de Latran sont inacceptables car venant du chef de l’Etat censé être le garant de notre constitution et des valeurs qu’elle porte.

En voici un petit bouquet : « La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû »,  « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. » (... Enfin, jusqu’à la Révolution française !!), « Assumer pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l’Église », « Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue interreligieux, dans les universités, je vous soutiendrai » Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance (Les enseignants apprécierons).

 

Incroyable il demande aux croyants – les catholiques- de partir comme des missionnaires porter la bonne parole dans nos banlieues, auprès des jeunes pour l’aider à résoudre la crise sociale et économique. Reconnaît il ainsi l’échec des politiques qu’il a menées, d’abord en tant que ministre d’Etat et, maintenant, en tant que président de la République.

Après La politique du karcher, voilà la politique de l’Ostie, de la bible et du crucifix pour résoudre les problèmes des habitants des banlieues ?? ...

Il me semble que la République n’a pas à sous traiter l’espérance aux religions, comme le fait Sarkozy dans ce discours, car n’est il pas du ressort de la République de construire un nouveau monde, un monde meilleur.

Il me semble qu’encore une fois que Nicolas 1er est dans le mélange des genres.

Ne nous y trompons pas après le discours de Dakar, maintenant celui de Latran, Sarkozy dévoile au fil de ses discours la véritable orientation qu’il souhaite donner à ses politiques et à ses choix futurs pour le futur monde qu’il rêve de construire. Il y a danger

 

 

Discours de Nicolas Sarkozy au Palais du Latran - Visite Officielle au Vatican

Messieurs les cardinaux, Mesdames et Messieurs, Chers amis,

Permettez-moi d’adresser mes premières paroles au cardinal Ruini, pour le remercier très chaleureusement de la cérémonie qu’il vient de présider. J’ai été sensible aux prières qu’il a bien voulu offrir pour la France et le bonheur de son peuple. Je veux le remercier également pour l’accueil qu’il m’a réservé dans cette cathédrale de Rome, au sein de son chapitre.

Je vous serais également reconnaissant, Eminence, de bien vouloir transmettre à sa Sainteté Benoît XVI mes sincères remerciements pour l’ouverture de son palais pontifical qui nous permet de nous retrouver ce soir. L’audience que le Saint Père m’a accordée ce matin a été pour moi un moment d’émotion et de très grand intérêt. Je renouvelle au Saint Père l’attachement que je porte à son projet de déplacement en France au deuxième semestre de l’année 2008. En tant que Président de tous les Français, je suis comptable des espoirs que cette perspective suscite chez mes concitoyens catholiques et dans de nombreux diocèses. Quelles que soient les étapes de son séjour, Benoît XVI sera le bienvenu en France.

En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant le titre de chanoine d’honneur de cette basilique, qui fut conféré pour la première fois à Henri IV et qui s’est transmis depuis lors à presque tous les chefs d’Etat français, j’assume pleinement le passé de la France et ce lien si particulier qui a si longtemps uni notre nation à l’Eglise.

C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l‘Eglise. Les faits sont là. En faisant de Clovis le premier souverain chrétien, cet événement a eu des conséquences importantes sur le destin de la France et sur la christianisation de l’Europe. A de multiples reprises ensuite, tout au long de son histoire, les souverains français ont eu l’occasion de manifester la profondeur de l’attachement qui les liait à l’Eglise et aux successeurs de Pierre. Ce fut le cas de la conquête par Pépin le Bref des premiers Etats pontificaux ou de la création auprès du Pape de notre plus ancienne représentation diplomatique.

Au-delà de ces faits historiques, c’est surtout parce que la foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature, que la France entretient avec le siège apostolique une relation si particulière. Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. Contribution spirituelle et morale par le foisonnement de saints et de saintes de portée universelle : saint Bernard de Clairvaux, saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Bernadette de Lourdes, sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean-Marie Vianney, Frédéric Ozanam, Charles de Foucauld… Contribution littéraire et artistique : de Couperin à Péguy, de Claudel à Bernanos, Vierne, Poulenc, Duruflé, Mauriac ou encore Messiaen. Contribution intellectuelle, si chère à Benoît XVI, Blaise Pascal, Jacques Bénigne Bossuet, Jacques Maritain, Emmanuel Mounier, Henri de Lubac, René Girard… Qu’il me soit permis de mentionner également l’apport déterminant de la France à l’archéologie biblique et ecclésiale, ici à Rome, mais aussi en Terre sainte, ainsi qu’à l’exégèse biblique, avec en particulier l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem.

Je veux aussi évoquer parmi vous ce soir la figure du cardinal Jean-Marie Lustiger qui nous a quittés cet été. Son rayonnement et son influence ont eux aussi très largement dépassé les frontières de la France. J ’ai tenu à participer à ses obsèques car aucun Français n’est resté indifférent au témoignage de sa vie, à la force de ses écrits, au mystère de sa conversion. Pour tous les catholiques, sa disparition a représenté une grande peine. Debout à côté de son cercueil, j’ai vu défilé ses frères dans l’épiscopat et les nombreux prêtres de son diocèse, et j’ai été touché par l’émotion qui se lisait sur le visage de chacun.

Cette profondeur de l’inscription du christianisme dans notre histoire et dans notre culture, se manifeste ici à Rome par la présence jamais interrompue de Français au sein de la Curie , aux responsabilités les plus éminentes. Je veux saluer ce soir le cardinal Etchegaray, le cardinal Poupard, le cardinal Tauran, Monseigneur Mamberti, dont l’action honore la France.

Les racines chrétiennes de la France sont aussi visibles dans ces symboles que sont les Pieux établissements, la messe annuelle de la Sainte-Lucie et celle de la chapelle Sainte-Pétronille. Et puis il y a bien sûr cette tradition qui fait du Président de la République française le chanoine d’honneur de Saint-Jean de Latran. Saint-Jean de Latran, ce n’est pas rien. C’est la cathédrale du Pape, c’est la « tête et la mère de toutes les églises de Rome et du monde », c’est une église chère au cœur des Romains. Que la France soit liée à l’Eglise catholique par ce titre symbolique, c’est la trace de cette histoire commune où le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France beaucoup compté pour le christianisme. Et c’est donc tout naturellement, comme le Général de Gaulle, comme Valéry Giscard d’Estaing, et plus récemment Jacques Chirac, que je suis venu m’inscrire avec bonheur dans cette tradition.

Tout autant que le baptême de Clovis, la laïcité est également un fait incontournable dans notre pays. Je sais les souffrances que sa mise en œuvre a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905. Je sais que l’interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie une reconstruction rétrospective du passé. C’est surtout par leur sacrifice dans les tranchées de la Grande guerre, par le partage des souffrances de leurs concitoyens, que les prêtres et les religieux de France ont désarmé l’anticléricalisme ; et c’est leur intelligence commune qui a permis à la France et au Saint-Siège de dépasser leurs querelles et de rétablir leurs relations.

Pour autant, il n’est plus contesté par personne que le régime français de la laïcité est aujourd’hui une liberté : liberté de croire ou de ne pas croire, liberté de pratiquer une religion et liberté d’en changer, liberté de ne pas être heurté dans sa conscience par des pratiques ostentatoires, liberté pour les parents de faire donner à leurs enfants une éducation conforme à leurs convictions, liberté de ne pas être discriminé par l’administration en fonction de sa croyance.

La France a beaucoup changé. Les Français ont des convictions plus diverses qu’autrefois. Dès lors la laïcité s’affirme comme une nécessité et une chance. Elle est devenue une condition de la paix civile. Et c’est pourquoi le peuple français a été aussi ardent pour défendre la liberté scolaire que pour souhaiter l’interdiction des signes ostentatoires à l’école.

Cela étant, la laïcité ne saurait être la négation du passé. Elle n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. Comme Benoît XVI, je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture, contre ce mélange d’histoire, de patrimoine, d’art et de traditions populaires, qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser. Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale, et dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire.

C’est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France , et même les valoriser, tout en défendant la laïcité enfin parvenue à maturité. Voilà le sens de la démarche que j’ai voulu accomplir ce soir à Saint-Jean de Latran.

Le temps est désormais venu que, dans un même esprit, les religions, en particulier la religion catholique qui est notre religion majoritaire, et toutes les forces vives de la nation regardent ensemble les enjeux de l’avenir et non plus seulement les blessures du passé.

Je partage l’avis du pape quand il considère, dans sa dernière encyclique, que l’espérance est l’une des questions les plus importantes de notre temps. Depuis le siècle des Lumières, l’Europe a expérimenté beaucoup d’idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l’émancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans l’amélioration des conditions économiques et sociales, dans la morale laïque. Elle s’est fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme. Aucune de ces différentes perspectives – que je ne mets évidemment pas sur le même plan - n’a été en mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à l’existence.

Bien sûr, fonder une famille, contribuer à la recherche scientifique, enseigner, se battre pour des idées, en particulier si ce sont celles de la dignité humaine, diriger un pays, cela peut donner du sens à une vie. Ce sont ces petites et ces grandes espérances « qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin » pour reprendre les termes même de l’encyclique du Saint Père. Mais elles ne répondent pas pour autant aux questions fondamentales de l’être humain sur le sens de la vie et sur le mystère de la mort. Elles ne savent pas expliquer ce qui se passe avant la vie et ce qui se passe après la mort.

Ces questions sont de toutes les civilisations et de toutes les époques. Et ces questions essentielles n’ont rien perdu de leur pertinence. Bien au contraire. Les facilités matérielles de plus en plus grandes qui sont celles des pays développés, la frénésie de consommation, l’accumulation de biens, soulignent chaque jour davantage l’aspiration profonde des femmes et des hommes à une dimension qui les dépasse, car moins que jamais elles ne la comblent.

« Quand les espérances se réalisent, poursuit Benoît XVI, il apparaît clairement qu’en réalité, ce n’est pas la totalité. Il paraît évident que l’homme a besoin d’une espérance qui va au-delà. Il paraît évident que seul peut lui suffire quelque chose d’infini, quelque chose qui sera toujours ce qu’il ne peut jamais atteindre. […] Si nous ne pouvons espérer plus que ce qui est accessible, ni plus que ce qu’on peut espérer des autorités politiques et économiques, notre vie se réduit à être privée d’espérance ». Ou encore, comme l’écrivit Héraclite, « Si l’on n’espère pas l’inespérable, on ne le reconnaîtra pas ».

Ma conviction profonde, dont j’ai fait part notamment dans ce livre d’entretiens que j’ai publié sur la République , les religions et l’espérance, c’est que la frontière entre la foi et la non-croyance n’est pas et ne sera jamais entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, parce qu’elle traverse en vérité chacun de nous. Même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps qu’il ne s’interroge pas sur l’essentiel. Le fait spirituel, c’est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance. Le fait religieux, c’est la réponse des religions à cette aspiration fondamentale.

Or, longtemps la République laïque a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle. Même après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, elle s’est montrée plus méfiante que bienveillante à l’égard des cultes. Chaque fois qu’elle a fait un pas vers les religions, qu’il s’agisse de la reconnaissance des associations diocésaines, de la question scolaire, des congrégations, elle a donné le sentiment qu’elle agissait parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement. Ce n’est qu’en 2002 qu’elle a accepté le principe d’un dialogue institutionnel régulier avec l’Eglise catholique. Qu’il me soit également permis de rappeler les critiques virulentes dont j’ai été l’objet au moment de la création du Conseil français du culte musulman. Aujourd’hui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refuse de reconnaître un caractère cultuel à l’action caritative ou aux moyens de communication des Eglises, répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements d’enseignement supérieur catholique alors que la Convention de Bologne le prévoit, n’accorde aucune valeur aux diplômes de théologie.

Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays. Bien sûr, ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d’intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République , c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux. C’est une évidence.

Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite parce qu’une moral