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Dimanche 13 avril 2008

Source : Le Monde en date du Vendredi 11 avril 2008. Liêm Hoang-Ngoc est économiste, Maître de conférences à l'Université de Paris-I.


Le gouvernement s'apprête à appliquer un plan d'économie de 7 milliards d'euros à l'horizon 2011 dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. Après les 23 900 départs à la retraite non remplacés en 2008 (dont 11 200 dans l'éducation), 35 000 postes seront à nouveau supprimés en 2009 dans la fonction publique. "L'économie" réalisée ne dépassera pourtant pas 500 millions d'euros par an.  

On voit mal comment le gouvernement s'y prendra, sans relever les impôts, pour solder le reste de la facture par le simple biais des réorganisations annoncées (parfois nécessaires) de l'administration. En attendant, après l'éducation, l'encadrement prévu des dépenses de santé et d'emploi compromettra le traitement de nombreuses urgences sociales. Le manque de personnel dans les hôpitaux ne sera pas comblé. Le volet "sécurité" de la "flexisécurité" verra difficilement le jour. Le revenu de solidarité active ne fera pas long feu. Une telle baisse des dépenses publiques provoquera de surcroît un effet récessif.

Contrairement à l'objectif recherché, les déficits se creuseront de nouveau, compte tenu de la chute des recettes fiscales induite par la décroissance de l'économie. Trop de rigueur tuera la rigueur. La politique budgétaire restrictive française est une erreur économique à l'heure où pointe une récession mondiale. Dans un tel contexte, Américains et Britanniques ne manquent jamais d'user de l'arme budgétaire pour relancer la croissance, en complément de l'instrument monétaire. La France pourrait d'autant plus emboîter le pas que ses marges de manoeuvre budgétaires sont sous-estimées.

Premièrement, la France n'est aucunement en faillite. Comme tout compte de patrimoine, le compte de l'Etat comporte un passif, la dette, mais il inclut également les actifs qu'il détient. La différence, positive, représente 38 % du PIB. Chaque nouveau-né voit en vérité le jour avec un crédit de 11 000 euros. 

Deuxièmement, nos marges de manoeuvre sont en particulier plus grandes qu'outre-Atlantique. Il existe une abondante épargne intérieure qui fait cruellement défaut aux Etats-Unis. Dans l'Hexagone, elle deviendrait excédentaire si l'Etat ne la mobilisait pas pour compenser le déficit d'investissements privés qui pénalise la croissance française. Parce que cette épargne est friande d'obligations d'Etat, réputées extrêmement sûres, l'agence France Trésor peut émettre des titres à très bas taux d'intérêt pour financer une relance budgétaire. Il n'y a donc aucun problème pour financer la politique publique. Le "paquet fiscal" a ainsi été financé grâce à la dette. Il ne provoque malheureusement pas le choc fiscal initialement escompté. 

Malgré l'allégement du coût des heures supplémentaires, les entreprises n'ont aucune raison d'accroître le volume de travail dans le marasme qui prévaut. L'exonération de cotisations a donc créé un nouvel effet d'aubaine. Le manque à gagner pour la sécurité sociale devra être comblé par de nouveaux prélèvements qui pèseront sur la consommation. Le reste du "paquet" (bouclier fiscal, successions, intérêts d'emprunt...) accroît le revenu disponible des ménages aisés, dont la propension à épargner est forte. 

En 2009, les 13,8 milliards du paquet fiscal pourraient être redéployés vers des dépenses porteuses d'avenir : santé, éducation, innovation, recherche, investissement public, redistribution. La dette est alors dite "soutenable" si la croissance qu'elle soutient engendre les recettes fiscales permettant en fin de course de réduire les déficits. Le meilleur moyen de réduire les déficits est de relancer la bonne dépense, celle qui exerce un effet réel sur la croissance. Entre 1999 et 2006, la Grande-Bretagne a ainsi réduit sa dette malgré un accroissement de 5 points de ses dépenses publiques, notamment destiné à créer 560 000 emplois publics, dont 150 000 dans l'éducation et 280 000 dans la santé. 

Le plan de rigueur n'est justifié à l'aune d'aucun argument macroéconomique sérieux. Il n'est indispensable que dans la perspective d'un respect dogmatique du pacte de stabilité, dont Romano Prodi disait qu'il est une stupidité. L'application du pacte de stabilité est en effet à l'origine du "paradoxe de la dette" : la dette publique s'est accrue au cours de ces quinze dernières années au cours desquelles les gouvernements ont appliqué des politiques censées réduire le poids de l'interventionnisme public. Contrairement à une idée reçue, la montée inexorable des déficits n'est aucunement due à une explosion des dépenses de l'Etat et de ses dépenses de fonctionnement. La part des dépenses publiques dans le PIB est restée inchangée depuis vingt-cinq ans, autour de 53 % du revenu national.

En son sein, ce sont les dépenses sociales (santé, retraite) qui ont augmenté de plus de 2 points, sans qu'on puisse crier au scandale. La part des dépenses de l'Etat a baissé de 3 points, passant de 25 % à 22 % du PIB. Parmi celles-ci, les dépenses de fonctionnement, cibles de toutes les critiques, ont été réduites de 5 points, passant de 40 % à 35 % des dépenses de l'Etat. Les dépenses de personnel ont été réduites de 4 points, passant de 28 % à 24 % des dépenses de l'Etat. Par ailleurs, la loi organique relative à la loi de finances évalue désormais strictement chaque mission dans une perspective nécessaire de rationalisation des choix budgétaires. Enfin, les budgets des collectivités territoriales sont équilibrés, malgré de nombreux transferts de compétences réalisés sans transferts de ressources.

Le creusement de la dette publique ne provient donc pas de l'inflation de dépenses publiques, mais de la chute des recettes fiscales qui résulte de la baisse du rendement de l'impôt, induite par les réformes fiscales engagées depuis 1993, et de l'inefficacité des politiques "de l'offre". Celles-ci se sont avérées incapables d'emmener la croissance française à son taux potentiel, supérieur à 3 %.
 

A l'exception de la période 1998-2001, la croissance annuelle moyenne a été trop souvent en dessous des hypothèses retenues pour la construction des lois de finances. La dette publique s'est donc accrue. Elle représentait 36,5 % du PIB en 1991, avant l'entrée en application du traité de Maastricht. Elle explose entre 1993 et 1996, où elle s'élève à 58,5 % du PIB. Après un intermède lié à la reprise de 1998-2001, elle recommence à croître à partir de 2002. Elle est aujourd'hui supérieure à 64 %. Il n'y a pas d'exception française en la matière.

Malgré leur zèle à comprimer les dépenses publiques, cinq autres pays de l'Eurogroupe ne parviennent pas à respecter la limite d'un taux d'endettement de 60 % du PIB, fixé par le pacte de stabilité. Le taux d'endettement du Portugal est de 65 %, celui de l'Allemagne de 68 %, celui de la Belgique de 89 %, celui de la Grèce de 105 % et celui de l'Italie de 107 %.
La présidence française du Conseil européen peut être l'occasion, dès le 1er juillet, de lancer enfin le chantier de la révision du pacte de stabilité pour inscrire l'Europe dans la perspective d'une relance mondiale de la croissance. Puisque rien n'est gravé dans le marbre d'une Constitution, le prochain président du Conseil européen peut, pour cela, proposer sans difficulté de réviser l'article 126 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, l'un des trois textes qu'il a fait ratifier, il y a peu, par voie parlementaire.

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : NPS
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Mercredi 9 avril 2008

 

RFI : Revenons sur le plan annoncé par Nicolas Sarkozy, « plan de rigueur » dit la gauche, « plan d'économie, de meilleure gestion » dit le pouvoir. Pour en parler avec nous : Liêm Hoang Ngoc. Vous êtes universitaire, chercheur au centre d'économie de la Sorbonne et vous venez de publier Sarkonomics aux éditions Grasset. Un mot sur ce plan qui est présenté comme étant absolument nécessaire pour relancer l'économie française...

Je suis de ceux qui pensent que ce plan est une erreur économique. A l'heure où le monde est en train de plonger vers la récession, entraîné par la mauvaise conjoncture américaine, il faudrait au contraire relancer l'économie. A cet effet, les Etats-Unis eux-mêmes sont en train de pratiquer le déficit budgétaire. Au contraire, les 7 milliards d'économie prévus risquent de nous plonger dans la récession. Trop de rigueur tuerait même la rigueur... Le plan annoncé va plomber la croissance. Il y aura moins de recettes fiscales et les déficits se creuseront à nouveau malgré les intentions affichées....

RFI : ... mais on peut comprendre – c'est dans toute logique de bonne gestion de portefeuille, de gestion de bon père de famille – que quand ça va mal il faut faire des économies et c'est clairement l'idée du gouvernement...

La France n'est pas en faillite, contrairement à ce que dit M. Fillon. Un compte de patrimoine – il devrait le savoir – comporte un passif, la dette, mais aussi un actif, les « bijoux de famille » : les actifs que détient l'Etat. Et si vous faites le solde, il est positif. Il représente 37 % du PIB. La France peut donc s'endetter – comme le fait n'importe quelle entreprise – à très bas taux d’intérêt puisque les épargnants sont particulièrement friands des obligations d'Etat qu'émet l'Agence France Trésor . On peut donc parfaitement financer un plan de relance. Le paquet fiscal, par exemple, a été financé par la dette. Malheureusement, ce paquet de 14 milliards n'a pas provoqué le choc escompté sur la croissance. Tout le débat devrait par conséquent porter sur l’affectation des marges de manœuvre réellement existantes que mobilise déjà l'Etat par l’emprunt....

RFI : ... et quelles sont les pistes que vous développez ?

De nombreux économistes pensent que l'affectation de ces sommes vers l'innovation, la recherche, la santé, l'éducation et l'investissement public sont les pistes à explorer. Actuellement, elles ne le sont pas puisque les 15 milliards sont orientés vers la baisse du coût des heures supplémentaires et vers la redistribution « à l’envers » en direction de catégories qui épargnent.

RFI : Vous dites qu'il faut s'endetter mais le problème c'est que la dette publique est déjà très lourde. D'ailleurs, la France est pointée du doigt par les instances européennes pour son endettement ; donc c'est quelque chose qui, apparemment, est impossible.

Je viens de vous expliquer qu'il n'y avait aucune contrainte économique à l'endettement, dès lors qu’il existe une abondante épargne qui soit en mesure de financer la relance de la croissance. La croissance permet en fin de course de réduire les déficits. La meilleure façon de réduire les déficits, c'est d'accepter un déficit provisoire. Aujourd'hui, la seule contrainte à ce plan de relance - que d'autres économistes et moi appelons de nos voeux - c'est la contrainte juridique du pacte de stabilité, que Romano Prodi a qualifié de pacte de « stupidité »...

RFI : ... c'est une obligation européenne...

... c'est une obligation juridique absolument stupide sur le plan économique. L'endettement de l'état fixé à un taux de 60 % que ne justifie aucune théories économiques. La France n'est pas la moins bien lotie : aucun des grands pays de l'Eurogroupe, sauf l'Espagne, ne respecte aujourd'hui le pacte de stabilité. L'Allemagne a un taux d'endettement au-dessus de 60 %, l'Italie est au-dessus de 100 et la moyenne européenne est à 68...

RFI : ... donc il ne sert à rien de vouloir être un bon élève européen ?

Non, je pense que le Président de la république devrait profiter de sa prise de fonction au Conseil européen le 1er juillet pour lancer le chantier d’une révision du pacte de stabilité, pour accompagner la relance mondiale que les autorités budgétaires américaines sont en train d’entreprendre.

RFI : Comment ça se passe ailleurs dans le monde ? Comment les pays qui se voient guettés par cette récession réagissent ? Font-ils des économies ou creusent-ils les déficits pour relancer leur consommation ?

Les anglo-saxons sont extrêmement pragmatiques. Les Etats-Unis pratiquent résolument le déficit budgétaire pour relancer l'activité économique. Ces vingt dernières années, la Grande-Bretagne, qui n'est pas dans la zone Euro et qui n'a pas à respecter le pacte de stabilité, n'a pas hésité à descendre en dessous du critère des 3 % de déficit budgétaire annuel pour relancer son activité. D'ailleurs, on ne dit jamais qu'entre 1999 et 2006 la Grande-Bretagne a créé 560.000 emplois publics dans la santé et l'éducation, en accroissant de 5 points la part de ses dépenses publiques dans le PIB. La dépense publique a soutenu la croissance et, par voie de conséquence, les recettes fiscales engrangées ont permis à la Grande Bretagne de réduire son taux d'endettement.

RFI : Il y a-t-il une connotation libérale dans ce plan annoncé par Nicolas Sarkozy ?

Absolument, c'est la raison pour laquelle, j'ai intitulé mon ouvrage Sarkonomics en écho à la Reaganomics qui sévissait il y a trente ans aux Etats-Unis.

RFI : Donc vous pensez qu'en matière économique, il y a un atlantisme du chef de l'Etat ?

Oui tout à fait. Le chef de l'Etat, et plus généralement le RPR depuis 1979, court après les idées libérales de l'UDF pour lui piquer son électorat et ses idées – M. Bayrou en sait quelque chose… Aujourd'hui un certain nombre d'idées néoconservatrices viennent s'ajouter au nouveau programme de la Droite. Celle-ci n'est plus gaulliste, elle est, aujourd'hui, devenue atlantiste, et pas seulement sur le terrain des idées économiques. Sur le terrain géopolitique, l'alignement sur les Etats-Unis en ce qui concerne l’envoi de troupes en l'Afghanistan est significatif.

 

 

www.nouveau-ps.org

 

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : NPS
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Mercredi 2 avril 2008

Liêm Hoang Ngoc sort un nouveau livre intitulé Sarkonomics aux éditions Grasset. Il sera disponible en librairie le 1er avril. Courrez l’acheter ! 

"Les travailleurs tu exploiteras. Les chômeurs tu stigmatiseras. La précarité tu répandras. Les vieux tu feras travailler. Les caisses de l’ETat tu videras. Les bijoux de famille tu braderas. Des paquets fiscaux aux riches tu offriras. Les pauvres et les malades tu feras payer. Ton peuple tu ne consulteras pas. Tes habits neufs à la gauche tu prêteras." Ainsi se déclinent les dix commandements de la Sarkonomics, pâle succédané de la Reaganomics que vénéraient, il y a près de trente ans, les néo-conservateurs américains, aujourd’hui largement contestés.

En autant de courts chapitres traitant du pouvoir d’achat, de l’épargne et de la consommation, de l’emploi et des heures supplémentaires, des retraites, de la dette, du service public ou de l’Europe, ce livre démonte pas à pas les principes de la nouvelle politique économique de la France. 

Au nom de la lutte contre " l’immobilisme ", les " réformes " organisant la régression sociale généralisée sont aujourd’hui présentées comme les attributs d’une politique " moderne ". Contre l’enfer politique, économique et social vers lequel les dix commandements néo-conservateurs mènent la France, ce sont dix travaux d’Hercule qui attendent demain ceux qui seraient encore gaullistes au pays de De Gaulle, socialistes au parti socialiste. 

L’éditeur.

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : A LIRE
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Vendredi 21 mars 2008

07-09-04-sarkozy-darcos.jpg- Peut on accepter une école sans moyens, sans enseignants, 

- Peut on accepter une école sans temps et options pour réfléchir, penser, comprendre, …mais aussi rêver, une école qui n’aide plus les jeunes à se réaliser, à s’émanciper, à devenir autonome pour devenir les citoyens de demain,  

- Peut Peut on accepter une école refermée sur elle, n’offrant plus les mêmes droits, les mêmes devoirs, les mêmes chances d’accès aux savoirs, à la connaissances, les mêmes chances de réussite à toute la jeunesse, une école privée tout simplement  de sa mission de service publique de l’éducation,

  Peut on accepter une école libérale, où les établissements et les personnels seraient en concurrence et dont les parents et les élèves seraient de simples consommateurs, une école où la seule obsession comptable primerait sur les exigences d'un service public de qualité au service de la réussite de tous les élèves. 

 
A toutes ces questions, les 18 et 19 mars les enseignants ont répondu «NON»

 

Les enseignants et la communauté éducative ne veulent pas de cette école.Ils ne veulent pas de l'école du 21ème siècle que nous dessine Sarkozy et son ministre Darcos.

 

Les 18 et 19 mars dernier, les enseignants en grève, ont ainsi voulu, signifier au Ministre de l’Education nationale leur refus de la politique éducative gouvernementale, lui dire qu’ils veulent « une autre rentrée 2008 », une autre conception de l’école, ainsi que de vraies négociations sur la revalorisation et l’avenir des métiers de l’éducation nationale.  

Le président – Ministre de l’éducation nationale, déclare vouloir remettre de l’école dans l’école. Il ne cesse de communiquer – à la place de son ministre – sur l’importance qu’il accorde à l’école primaire. Cependant, il ne crée que 580 emplois dans le premier degré pour 17 000 élèves supplémentaires, supprime 900 postes aux concours 2008, remet en cause l’école maternelle, n’a toujours pas consulté sur les nouveaux programmes et n’a pas encore fait connaître les mesures de la carte scolaire pour la prochaine rentrée. C’est sûrement cela remettre de l’école dans l’école ! 

Quand on veut avoir des exigences, quand on affirme vouloir une école compétitive, une école qui réponde correctement à sa mission de service publique de l’éducation, alors on lui donne des moyens et des outils adaptés pour que tous les élèves, puissent acquérir une éducation, une instruction, une culture, une curiosité, une responsabilité, une autonomie - ingrédients indispensables si l’on veut une jeunesse ouverte sur le monde, capable de le comprendre, de l’appréhender, d’y jouer un rôle, de le faire évoluer, bref indispensables, si on veut construire le citoyen du 21ème siècle. 

Le projet de nouveaux programmes de l’école primaire ne semble, hélas, pas répondre à ces préoccupations : alourdissement des contenus par une conception mécaniste des apprentissage et un affaiblissement de leur dimension culturelle, alors que dans le même temps on réduit le temps scolaire. De plus, la communauté éducative se demande si ces nouveaux programmes contribueront à la réussite de tous les élèves ou si au contraire ils pénaliseront ceux qui ont le plus besoin d’école. 
Enfin, l’apparition de la morale dans les programmes, et ce dès la maternelle, n’est pas sans poser de questionnement. La mise en place de l’instruction civique et morale telle qu’elle est présentée fait référence à un modèle existant dans les années 50 et ne correspond plus aux besoins d’aujourd’hui. A quelle morale se réfère le ministre ? En tous les cas pas à celle qui a pour objectif de faire de l’enfant un être autonome et citoyen. Quelle intention politique y a-t-il derrière le fait d’introduire dans les programmes pour les élèves de CM2  les règles d’acquisition de la nationalité française ?

Comme pour le premier degré, les enseignants du second degré sont soucieux de préserver la qualité et les valeurs de l’école Républicaine.

 
fermeture_1188459208-copie-1.jpgLà encore, quand on a de grandes ambitions pour l’école, on lui accorde des moyens suffisants et on ne procède pas, la rentrée la rentrée 2008, à la suppressions des 11200 postes – dont 8 830 dans les collèges et les lycées publics (6700 emplois d’enseignants et 2130 emplois de stagiaires correspondant à la baisse des recrutements aux concours), on n’a pas recours de manière très importante aux heures supplémentaires (3 500 des emplois supprimés au budget 2008 sont transformées en 63 000 HSA !). Avec de telles coupes, la plupart des Dotations Horaires Globales des établissements scolaires du second degré (DHG) vont être amputées et, dans une grande partie des établissements, le volume des HSA (heures supplémentaires année) va être en augmentation au détriment des Heures poste. 

Ce constat s’inscrit dans un contexte très général d’attaque contre les salaires, les retraites et les statuts de tous les fonctionnaires et répond à la mise en place du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite. Cette nouvelle saignée dans les effectifs enseignants, qui vient s’ajouter aux milliers de suppressions intervenues les deux dernières années, mettra en péril l’organisation des enseignements dégradant les conditions de travail des personnels et des élèves, et portera atteinte à la qualité du service public d’enseignement : dévalorisation du métier, suppressions ou partage des postes, réduction du nombre d’adultes dans les établissements alors que les effectifs élèves seront en augmentation. Dans ce contexte, le risque est grand de voir – à nouveau – des menaces sur les forfaits AS et sur la coordination EPS, sur les options EPS, SES, arts appliqués, musique etc… 
 

Quand on a de grandes ambitions, on ne réduit pas l’offre de formation et d’enseignement par une éventuelle remise en cause des trois voies distinctes d’études (générale, technologique et professionnelle) au lycée. Par ailleurs, une réforme de l’enseignement professionnel prévoit notamment la généralisation des bacs pro en trois ans (- 1 ans) qui aboutirait à la disparition des sections de BEP ce qui pourrait entraîner une augmentation du nombre d’élèves sortant du système scolaire sans diplôme ou amènerait à pré orienter une partie des élèves les plus en difficulté dès la fin du collège vers l'apprentissage hors système professionnel public.  Le boulversement qu'induit cette réforme n'est pas guidée par des préoccupations pédagogiques mais par la nécéssité qu'a le ministère de trouver les moyens de supprimer 80000 emplois d'enseignants d'ici 4 ans.

 

Enfin, il ne peut y avoir de véritable ambition, sans un réel respect du corps enseignant. Pour cela afin de redonner confiance, il serait nécessaire d’accepter de véritables négociations sur la revalorisation du métier enseignant et des métiers de l’éducation, dans le respect des statuts et missions.

Le rapport Pochard, véritable provocation, ne peut en aucun cas constituer une base de discussion car il est porteur de dangers pour les statuts et les missions des enseignants. Les orientations préconisées par ce rapport sont dans le droit fil de la loi Fillon et de ses déclinaisons depuis 2005. Il s’agit pour le service public d’éducation, "de rentabiliser en libéralisant, de flexibiliser en annualisant, de mettre en concurrence en atomisant".

Alors que le métier est de plus en plus difficile, que les charges de travail s'alourdissent, que les enseignants réclament des moyens pour réduire les difficultés et l'échec scolaire, les mesures proposées vont à l'encontre de ces attentes, et sont dictées par des impératifs de réduction budgétaire et par la volonté de dénaturer les métiers de l'éducation.

Il semble qu'il est grand temps de se mobiliser pour forcer le ministre Darcosarkozy à répondre aux attentes de la communanté éducative, de bien prendre un moratoire sur les suppressions de postes, et pour lui demander 
de bien vouloir nous dessiner l’école, notre école du 21ème siècle....DIS Monsieur Sarkozy, dessine moi une école

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : PS
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Mercredi 19 mars 2008

LEMONDE.FR avec AFP | 19.03.08 |

 

 

Dans la foulée des succès du PS aux élections municipales et cantonales, Henri Emmanuelli a appelé, mercredi 19 mars, à la création d'un conseil des collectivités territoriales, qui regrouperait les collectivités de gauche. "Pour faire agir ces municipalités ensemble, ces conseils généraux ensemble, ces régions ensemble, on ne peut pas le faire par les ordres venus du parti d'en haut. Il faut créer une structure de réflexion à l'intérieur de laquelle on discute des sujets, et où on vote s'il le faut", a estimé de député et président du conseil général des Landes, lors de l'émission "Questions d'info" (LCP/France Info/AFP).

"On a une responsabilité lourde : gérer 60 % des départements, quasiment 100 % des régions, un paquet énorme de villes maintenant et, à travers ces collectivités locales, plus de la moitié de la population française. Cela implique que le PS sache faire de ces collectivités locales un dispositif efficace", a-t-il dit.

Selon lui, "les collectivités ne peuvent pas remplacer l'Etat, mais elles peuvent empêcher l'Etat de faire certaines choses (...), par exemple pour s'opposer au transfert de la crise des finances publiques d'Etat vers les collectivités locales".

M. Emmanuelli a rappelé qu'existe "depuis trente ans" la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (Fneser), mais qu'elle "n'a jamais servi à grand-chose". Il a souhaité la création de la nouvelle structure en juin.undefined

par Marie-José RAYMOND-ROSSI publié dans : PS
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